10 ans…Vis ma vie de Lanceuse d’Alerte

« La pathologie dont est décédé Mr Bibeyran Denis est susceptible d’être d’origine professionnelle » Docteur Alain Parfondry, Mardi 31 mai 2011.

À ce moment-là, l’émotion ressentie est indescriptible. Ce sur quoi je travaille dans le plus grand secret depuis quelques mois, se concrétise. 19 mois après le décès de mon frère d’un cancer des voies biliaires intra hépatiques (cholangiocarcinome, un nom barbare pour un mal qui l’est tout autant), j’ai entre les mains le sésame qui va m’ouvrir grandes les portes de sa Reconnaissance Post Mortem de Maladie Professionnelle. C’est du moins ce que j’espère, mais je ne suis ni naïve ni novice et je sais que j’en prends au minimum pour …10 ans. C’est en tous les cas l’échéance que je me fixe à ce moment-là. Quant aux portes grandes ouvertes, je comprends très vite que je vais devoir en forcer plus que je ne le pense.

Deux jours avant ce 31 mai, je profite de la détente et de la convivialité de fin de repas familial de fête des Mères, pour annoncer ce qu’aucun ne soupçonnait alors : un tsunami. J’entame une procédure en Reconnaissance Post Mortem de Maladie Professionnelle au nom de Denis. Une procédure face au mastodonte qu’est pour tout ouvrier agricole, la Mutualité Sociale Agricole de la Gironde. Solliciter son médecin  généraliste dont personne ne doute – à juste titre – pour obtenir le certificat médical initial. Demander aux employeurs de Denis, proches de la famille ou considérés comme tels jusqu’alors, la liste des pesticides auxquels il a été exposé durant ses 24 ans de serf-vice. Bizarrement, malgré une soi-disant relation affective, qui se révèlera plus encombrante qu’autre chose, les avis sont déjà partagés sur leur promptitude à coopérer. Pas d’hyper adhésion, pas d’opposition claire et catégorique parmi la famille réunie ce 29 mai 2011, mais des silences et visages perplexes qui en diront long. Préparée psychologiquement à affronter un microcosme viticole médocain que je pratique déjà de ma place de fille d’ouvriers, je ne l’étais pas à subir les ruptures familiales qui suivront. La première opposition fut celle de mon père, choc générationnel oblige et son dévouement à la viticulture locale, ont creusé un cratère entre nous qui après des semaines de non-dits, a mis des années à vraiment se combler.

Toute anticipation de ce qu’une telle démarche peut induire à ses limites, comment anticiper ce qui est insoupçonnable ? Connaître mes interlocuteurs devenus adversaires, ne m’a pas évité de nombreuses mauvaises surprises. Préparée psychologiquement,  j’étais pourtant très en –dessous de la violence, de la perversité, des pressions et de l’incompréhension subies tout au long de ces 10 années. Préparée à subir des attaques de la part de la planète viticole médocaine et girondine je ne l’étais pas à ce que ma famille en soit la cible. Je ne l’étais pas non plus à ce que ces attaques proviennent non pas des responsables que je visais mais de ceux qui se sont élevés en garde rapprochée.

C’est incompréhensible mais une partie de la société civile bien que dénuée d’intérêts économiques à défendre, s’est arc boutée contre mon action et contre celle de tous les lanceurs d’alerte sur les effets des pesticides sur la santé. Alors même qu’à terme ces personnes profiteront des avancées liées à l’Alerte. Les dangers des pesticides pour la santé de tous sont devenus difficilement contestables, les micro mesures consenties par les pouvoirs publics pour rassurer la population et la férocité des fabricants pour les empêcher le prouvent. Pourtant, les Lanceurs d’Alerte sur les pesticides sont plus mal traités que ceux qui contaminent nos sols, nos mers et l’air, hypothéquant toute survie sur Terre. Ils sèment la maladie et la mort, nous luttons pour la santé et la vie, et sommes envoyés au bûcher. Je pense là tout particulièrement à ma camarade Valérie Murat, qui subit une mise à mort judiciaire, sociale financière, pour avoir mis à jour une tromperie délibérée du consommateur via le label HVE (Haute Valeur Environnementale). Soutenue certes, mais pas autant qu’elle le devrait. Quelle soit assurée de mon entier soutien, ici, maintenant et aussi longtemps que nécessaire.

Soutenues nous le sommes oui, de formidables élans de solidarité nous ont permis de mener diverses actions, d’ailleurs souvent menées conjointement avec Valérie. Y compris celle qui l’amène aujourd’hui à une mise sous hypothèque de sa vie.

Je remercie chacune et chacun qui m’a un jour manifesté son soutien, par un mot, une adhésion, un don, une aide matérielle. Ne sous estimez pas la préciosité de votre présence. J’ai aussi eu la chance d’être accompagnée par 2 personnes devenues proches, Mesdames Escorne et Machado, qu’elles sachent que tout ce qui a été réalisé avant et pendant le Collectif Info Médoc Pesticides, leur doit beaucoup. Moi également.

Malgré cet élan d’Humanité suscité par nos actions de Lanceurs d’Alerte, malgré la présence à mes côtés d’une cellule familiale (ma fille et mon conjoint) solide et remarquablement compréhensive et impliquée, c’est la solitude qui prédomine. Vous êtes et restez seul face aux attaques, aux sollicitations. C’est l’ascenseur émotionnel permanent. Tout est décuplé, bon comme mauvais. Lanceur d’Alerte c’est en plus de notre vie de Mr et Mme Tout le Monde. Ce n’est pas notre métier 7h par jour, 5 jours par semaine, qu’on oublie en rentrant chez soi. C’est une seconde peau.

Ce qui incite à se renfermer voire à se désociabiliser. Soigneusement sélectionner et limiter ses relations sociales, ce n’est pas « prendre la grosse tête » c’est se protéger. Mme Yasmine Mortajemi Lanceuse d’Alerte sur la sécurité alimentaire chez Nestlé à une expression qui me parle particulièrement, elle dit que lorsque vous êtes Lanceur d’Alerte vous devez « mettre votre âme en camisole », voilà c’est exactement cela.

Nous ne visons pas une carrière politique, nous ne sommes pas assoiffés de pouvoir – sinon je n’aurais pas refusé les diverses propositions politiques – nous poursuivons l’unique objectif de l’intérêt commun. 

La forte médiatisation, qui nous a souvent été reprochée, a toujours été un moyen jamais une fin. Qu’adviendrait-il des Lanceurs d’Alerte aujourd’hui en France si on brûlait encore les dissidents sur un bûcher ?

Point de doléances, juste des mots sur un quotidien de 10 ans, pavé de pressions, attaques en tous genres, harcèlement moral, pertes d’emploi, ruptures familiales…que d’aucuns croient connaître.

10 ans…Bien sûr que j’avais imaginé un autre bilan, plus positif pas idyllique mais meilleur. Rapports, Enquêtes, Actions diverses, qu’est-ce qu’il en reste ?

Les conversions en culture Biologique et Biodynamique sont de plus en plus nombreuses mais restent minoritaires, à part l’éveil des consciences citoyennes quelle raison avons-nous de nous réjouir ? Faut déployer force et énergie pour seulement obtenir une information minimaliste en amont des traitements, toute voie de médiatisation est verrouillée, criminalisation des actions des Lanceurs d’Alerte environnementalistes via la cellule Demeter…

Si la situation actuelle avait été celle-là en 2011, rien n’aurait été possible.

J’aurais voulu faire plus, mieux. Plus que nos adversaires qui ont gagné, c’est la société toute entière qui a perdu.

Le bilan aurait pu être autre. Si la préciosité de la vie, l’avait plus souvent emporté sur la préciosité des relations avec les puissants. Beaucoup trop sacrifient l’intérêt commun pour une place à la droite des saigneurs qui font construire des chais cathédrale pour s’assurer le Paradis.

Ceux qui auraient pu parler ou agir, justifient le silence ou l’immobilisme par la peur, mais la peur est prétexte. Lanceur d’Alerte ce n’est pas ne pas avoir peur, c’est être porté par une éthique, une exigence.

Einstein disait que le Monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal mais par ceux qui les regardent faire, un jour nos enfants nous accuseront mais nous pourrons leur répondre que nous avons essayé.

 

Marie-Lys Bibeyran.

Tribune de soutien à Valérie Murat, lanceuse d’alerte sur les pesticides dans les vins de Bordeaux

PAR COLLECTIF 31 MARS 2021

Suite à une plainte du conseil interprofessionnel des vins de Bordeaux (CIVB), Valérie Murat a été condamnée pour avoir démontré, preuves de laboratoires à l’appui, que des vins étiquetés « Haute Valeur Environnementale » contenaient des pesticides. Plusieurs personnalités lui apportent ici leur soutien.

Touche pas à ma viticulture ! On savait déjà la Gironde viticole gourmande en pesticides, peu regardante sur les conséquences sanitaires et environnementales de ses pratiques, mais on n’imaginait pas qu’elle était à ce point prête à tout pour faire taire les critiques !

Menace de mort sociale

Sur plainte du Conseil interprofessionnel des vins de Bordeaux (CIVB), qui a la haute main sur la viticulture girondine depuis des décennies, le tribunal judiciaire de Libourne a lourdement condamné le 25 février dernier l’association « Alerte aux toxiques » et sa porte-parole Valérie Murat pour avoir démontré, preuves de laboratoires à l’appui, que des vins étiquetés « Haute valeur environnementale » contenaient des pesticides de synthèse, y compris cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques.

Pour avoir rempli sa fonction de lanceuse d’alerte, qu’elle poursuit inlassablement depuis la mort de son père, viticulteur, à la suite d’un cancer lié aux pesticides, Valérie Murat est aujourd’hui menacée de mort sociale par une profession qui tente de faire taire celles et ceux qui l’accusent de déni. Une profession qui semble vivre dans l’illusion que ne pas voir, c’est ne pas savoir, et que ne pas savoir la soulage de ses responsabilités.

Par la violence et la démesure de la peine, 125 000 euros de dommages et intérêts à acquitter avant de pouvoir interjeter appel, le tribunal de Libourne semble hélas avoir épousé la cause du silence. Fallait-il donc à tout prix éviter le débat de fond soulevé par les analyses d’« Alerte aux toxiques », à savoir : le label Haute valeur environnementale, dont la viticulture girondine est le principal utilisateur, répond-il à de vrais critères environnementaux et à des changements de pratiques, ou n’est-il qu’une habile opération de marketing qui ressemble furieusement à du « greenwashing » ?

Une condamnation invraisemblable

La Confédération paysanne, Agir pour l’environnement, le Synabio, la fédération France Nature Environnement (qui a pourtant été l’un des initiateurs de ce label) ont déjà répondu à cette question le 2 décembre dernier en dénonçant « l’illusion de transition agroécologique » que constitue cette certification. « Alerte aux toxiques » n’est donc pas seule dans ce combat et a rempli sa mission d’informer en démontrant toutes les équivoques d’un label qui bénéficie pourtant d’un soutien massif des pouvoirs publics.

Ainsi, alors que le plan « écophyto » du gouvernement prévoit de réduire de moitié l’utilisation des pesticides, ledit label ne fixe aucune obligation de résultat concernant les produits phytosanitaires !

Derrière cette invraisemblable condamnation se cache une autre réalité : alors que les ventes de vins de Bordeaux s’écroulent, le HVE est apparu comme une solution pour sortir de l’image d’addiction aux pesticides qui colle à la filière. Pour mémoire, la vigne consomme 20% des pesticides utilisés en France pour 3,7% de la surface cultivée ! Ce label HVE si bienvenu permet aux institutions locales et à l’interprofession viticole de communiquer à bon compte sur la « réorientation » » du vignoble vers des pratiques « vertueuses ». Autrement dit, une façon de développer un discours plus vert, plus écolo…Mais sans changer de pratiques ! On frise l’imposture.

76 millions d’euros de soutiens publics

Comme le souligne l’association Agir pour l’environnement : « Le gouvernement crée volontairement une confusion vis-à-vis des consommateurs. Il s’agit de faire de HVE un concurrent du bio et non une transition vers le bio ». La force de frappe institutionnelle en faveur de HVE est massive : Elle représente un budget de 76 millions d’euros dans le projet de loi de finances pour 2021…Alors que les aides au maintien de la bio ont été supprimées au début du quinquennat d’Emmanuel Macron !

Aujourd’hui, toute la grande distribution réclame des produits labellisés HVE. C’est en effet un bon moyen pour elle de montrer au consommateur sa préoccupation environnementale… Sachant que son offre en bio n’est pas suffisante3 ! Toute une filière commerciale s’y retrouve. On est donc fondé à s’interroger sur le sens de HVE qui pourrait bien signifier : Haute Volonté d’Enfumage ? Exactement ce que fut l’invention par la FNSEA du terme « agriculture raisonnée » en son temps.

Le CIVB et ses obligés ne devraient pas trop se réjouir de cette victoire judiciaire car ils ont déjà perdu sur le terrain de l’opinion et des consommateurs. Chaque jour est plus grande l’exigence d’une agriculture respectueuse de l’environnement, des agriculteurs et de la santé de tous. Or, il n’est pas besoin d’habiter près des vignes pour courir des risques sanitaires, comme l’a montré la campagne de mesures des pesticides dans l’air conduite par l’organisme de surveillance « Atmo Nouvelle-Aquitaine », en juillet 2019, « illustrant le transfert aérien des molécules depuis les surfaces agricoles vers les zones urbaines » telle Bordeaux.

L’heure est à la transition pour la santé de tous et toutes

Ce procès et ses suites sont donc notre affaire à tous. Plutôt que d’accuser Alerte aux toxiques d’« escroquerie intellectuelle », de diaboliser Valérie Murat et ceux qui la soutiennent en tentant de la faire taire par des moyens indignes, le CIVB ferait mieux de remettre les pieds sur terre avant qu’il ne soit trop tard. Toute une profession, qu’il défend si mal en campant dans le déni, est en danger.

Face au réchauffement climatique et à la nécessité d’une transition écologique, la viticulture bordelaise devra s’adapter. Le temps du Bordeaux for ever est terminé. L’heure est à la transition. C’est le rôle du CIVB de l’accompagner, comme d’accepter le débat avec ceux qui n’ont pour seul intérêt que la santé des travailleurs viticoles, des riverains des vignobles et de leurs enfants. C’est une question de santé au travail comme de santé publique.

Voilà pourquoi Valérie Murat mérite mieux que cette condamnation aussi aveugle qu’injuste.

Nous la soutenons dans son juste combat !

Premiers signataires :

Noël Mamère – Écologiste
Marie-Lys Bibeyran – Collectif Info Médoc Pesticides
Professeur Rustin – INSERM / pesticides SDHIS
Paule Benit – INSERM / pesticides SDHIS
Dominique Bourg – Professeur honoraire, Université de Lausanne
Laurence Jonard – Pharmacienne et généticienne moléculaire
Pierre-Michel Périnaud, Président de l’Association des Médecins contre les pesticides.
Martin Pigeon – Chercheur et militant à Corporate Europe Observatory (CEO)
Marie Monique Robin – Journaliste, réalisatrice et écrivaine
Fabrice Nicolino – Président du Mouvement des Coquelicots
Franck Dubourdieu, Agronome, Oenologue, Médecin membre de l’Association contre les Pesticides de Synthèse.
Sylvie Dulong – Viticultrice – Présidente déléguée de Bio Nouvelle Aquitaine
Patrick Lespagnol, Président du Mouvement de l’Agriculture Bio-Dynamique
Jacques Carroget – Président du Syndicat des Vins naturels
Olivier Paul-Morandini, Domaine Fuori Mondo en Toscane et Fondateur de Transparency for Organic Word Association
Nicolas Laarman, délégué général de Pollinis
Benoît Biteau – Agronome, paysan et député écologiste au Parlement européen
Loïc Prud’homme – Député de la Gironde
Pascal Doquet, Président de l’Association des Champagnes Biologiques
Antoine Deltour – Lanceur d’alerte Luxleaks
Philippe Candelon, co-fondateur et président de alerte.me l’association qui aide les lanceurs d’alerte
Rodolphe Urbs – Dessinateur libraire
Adrien Tréchot – BBD éditions / Dans ma bouteille.com
Geoffrey Livolsi – Co-fondateur de Disclose.ngo
Inès Léraud – Journaliste, documentariste et auteure de « Algues vertes, l’histoire interdite »
Marion Laine – Réalisatrice et scénariste
Jérôme Douzelet – Auteur du livre Le goût des pesticides dans le vin
Guillaume Pire – Vigneron Bio Château de Fosse-Sèche
Guillaume Bodin – Vigneron-Cinéaste
Pierre Gilbert, caviste Bordeaux
Annick Le Mentec – Collectif des victimes des pesticides de l’ouest
Georges Arnaudeau, Président et fondateur de l’association allo amiante
François Veillerette, Porte-parole Générations Futures
Serge Lequéau Union syndicale Solidaires de Bretagne
Sylvie Nony, Alerte Pesticides Haute Gironde
Sandrine Malet – Militante antiraciste et citoyenne écologiste
Le Collectif des Faucheurs Volontaires d’OGM
Sandra Regol – Secrétaire nationale adjointe d’EELV
Jean Noël Jouzel – Sociologue
Giovani Prete – Sociologue
Cyril Dion – Écrivain, auteur-réalisateur, poète, activiste

Un grand cru classé Du Médoc, en biodynamie, accusé de conditions de travail inhumaines.

Des saisonniers espagnols dans un vignoble en France dénoncent les abus…

Source : https://www.publico.es/economia/temporeros-espanoles-vina-francia-denuncian-abusos-insultos-falta-alojamiento.html?utm_source=facebook&utm_medium=social&utm_campaign=publico&fbclid=IwAR2DXOh-Imune5qpTUNaRBah0CnTgcv02CqY72hXXdUDkGZZXXO6oEbRMgc

Vous connaissez le chateau Palmer; un Margaux grand cru? Moi non plus. Vu le prix de la moindre bouteille je ne le connaîtrai jamais. En revanche, un groupe de saisonniers espagnols ne le connaît que trop comme le raconte Alejandra de la Fuente sur le site « Publico » (Traduction automatique retouchée)

 Certains travailleurs affirment que l’entreprise ne leur a fourni à aucun moment de logement, de sorte que tous les travailleurs saisonniers du groupe dormaient dans la rue.

 

Un homme recueille la récolte de raisins dans un vignoble à Soltvadkert / REUTERS

Les vendanges…

MADRID

30.09.2020 À 23H24

ALEJANDRA DE LA FUENTE

@YoSoyAleFuente

Au total, 14000 saisonniers espagnols, un chiffre similaire à celui enregistré ces dernières années, se sont rendus en France pour travailler sur la campagne de récolte de cette année, une campagne très marquée par la crise sanitaire des coronavirus.

La plupart d’entre eux viennent d’Andalousie, bien qu’il y ait aussi des transferts de la Communauté valencienne, de Murcie et de Castille-La Manche, qui sont les régions qui déplacent le plus de travailleurs.

Parmi ces saisonniers, plusieurs d’entre eux embauchés par la société NORD-EST, ont dénoncé à « Publico » les conditions extrêmes qu’ils ont dû traverser pendant les jours de vendanges pour la célèbre marque Château Palmer.

Insultes, manque d’eau et pas de mesures de sécurité

Plusieurs saisonniers espagnols ont expliqué à Público que depuis leur arrivée pour travailler dans le vignoble, ils ont subi des mauvais traitements de toutes sortes.

«Dès notre arrivée, ils nous ont dit qu’en raison du problème du coronavirus, ils n’allaient pas nous donner de nourriture ou d’hébergement. Malgré cela, nous avons commencé à travailler en sachant cela, mais dès le premier jour, ils ne nous ont pas donné de bouteille d’eau. Ils nous ont insultés, ils se sont moqués de nous. Ils nous traitaient de fils de putes et affamés », raconte un ouvrier.

«Quand nous nous sommes plaints et que nous avons dit que nous ne pouvions pas continuer à travailler comme ça, ils nous ont dit de ne pas travailler et ont déduit les heures. C’est comme ça que c’était chaque jour», explique-t-il.

«Nous n’avions pas de toilettes et si vous aviez des besoins il fallait se cacher un peu parmi les vignes pour pouvoir le faire ou mordre la balle et endurer. [...] Enfin, il (un responsable du chateau) nous a dit de faire une liste de toutes les personnes qui vivaient dans la rue, mais nous étions tous dans la rue », poursuit-il.

«Nous avons également demandé des douches, mais ils nous ont donné une douche pour plus de 120 personnes (nous étions des groupes de 60 personnes). Imaginez comment était la douche. Il y avait beaucoup de gens qui ont décidé de ne pas y aller, mais nous aurions dû avoir le droit de prendre une douche après les heures de travail « .

Dormir dans des tentes et des voitures

Les travailleurs dénoncent que l’entreprise ne leur a jamais fourni de logement ni ne les a aidés à trouver un endroit pour dormir, de sorte que tous les membres du groupe dormaient dans la rue où et comme ils pouvaient.

«Pour dormir, il fallait chercher un endroit. Mon compagnon et moi avions une camionnette, mais il y avait beaucoup de gens qui n’avaient rien et qui ont dû dormir dans des tentes cachées dans des parcs. Certains jours, nous avons été expulsés et nous avons dû lever le camp la nuit alors que le lendemain nous devions travailler », raconte un travailleur.

«J’ai d’autres collègues pour qui ils ont réservé une place, mais c’était littéralement dans une décharge. Quand les patrons nous ont dit que nous pouvions dormir dans une décharge, nous avons pensé que c’était drôle, ils l’ont dit parce qu’ils étaient des classistes, mais quand nous sommes arrivés là-bas, c’était une décharge. Vraiment. Il y avait beaucoup de gens qui sont restés parce que la police ne nous a pas jeté hors de la décharge », explique-t-il.

Machisme et harcèlement sexuel

Le travailleur raconte à Público que plusieurs collègues ont été victimes de harcèlement et de machisme pendant quelques jours très chauds et ont été réprimandés pour avoir porté des débardeurs au travail.

« Un jour très chaud, plusieurs filles de notre groupe portaient des chemises d’été légèrement fraîches et les patrons leur ont dit d’aller acheter des vêtements plus décents parce qu’ils distrayaient les autres travailleurs », explique-t-elle.

«Le jour où la situation est devenue intenable a été un jour où plusieurs hommes – également des travailleurs – ont commencé à harceler les filles de mon groupe de travail. Ils les ont regardées, les ont touchées… et les filles de notre groupe ont refusé de travailler. avec ces gens. Quand nous l’avons dit à notre supérieur , il se moquait de nous et nous a dit que cela devait nous arriver parce que nous étions habillés comme ça.  »C’était terrible. C’était vraiment terrible », se plaint-il.

Ils prévoient de rapporter ce qui s’est passé

« Nous prévoyons de dénoncer tout ça. Le jour où la grande révolte a éclaté, nous avons tous manifesté notre mécontentement et menacé de renverser les camions si les choses ne s’amélioraient pas », explique le travailleur.

« Il semblait que les patrons s’en fichaient, mais ensuite nous avons dit que nous le dénoncerions à Almería et que c’est à ce moment-là que les choses ont commencé à changer et qu’ils ont commencé à nous donner une bouteille d’eau à trois heures de l’après-midi », poursuit-il.

«Bien que j’aie essayé de faire bouger les collègues, la réalité est qu’ils – tout comme moi – sont allés là-bas pour travailler et quand ils ont terminé la journée, ils voulaient juste trouver une douche et se reposer pour travailler le lendemain.

« Publico » a tenté de contacter l’agence d’intérim NORD-EST et Château Palmer sans succès dans les deux cas.

Ce n’est pas la première fois que quelque chose de similaire se produit

Cette même année, la ministre française du Travail, Elisabeth Borne, a affirmé que le gouvernement français entendait traduire en justice la société de travail temporaire murcienne Terra Fecundis pour son éventuelle responsabilité dans l’apparition d’épidémies de coronavirus. avec des travailleurs saisonniers dans le sud-est du pays.

Dans une interview publiée en juillet dans un journal français, elle a évoqué des «situations inacceptables» qui «peuvent conduire à l’apparition de sources d’infections à covid-19».

Une ancienne travailleuse a également accordé une interview à El Closure Digital dans laquelle elle a assuré qu’il n’y avait même pas d’ombre, il y avait une grande cuisine commune, mais tout était dégoûtant, plein de moustiques et d’ordures ».

A votre santé!

Depuis la publication de cet article le château Palmer a répondu ici : https://rue89bordeaux.com/2020/10/le-chateau-palmer-nie-toute-maltraitance-envers-les-saisonniers-espagnols/?fbclid=IwAR2MS4xWbjf2F3PW1Lcx6IEHR2F_ZFqcvtI_Y7Gj_R_9SyoCS3H9t7XC9fE

Observatoire de l’agribashing, vers une castanerisation de l’agriculture.

La sentence pour l’ensemble des populations des communes agricoles vient de tomber et elle est sans appel. Ce sera entre 5 et 20m de distance dite de protection entre les habitations et les zones traitées avec des pesticides de synthèse. 20m si utilisation des pesticides les plus dangereux, mais selon quel critère ?  Cette notion de dangerosité ne semble assortie d’aucune définition. 5 ou 10m dans les autres cas, là aussi sans autres précisions. Voir à ce propos le communiqué de presse de l’Alerte Médecins Pesticides ici : https://www.alerte-medecins-pesticides.fr/wp-content/uploads/2019/12/2019-12-22-22h27___La-protection-des-riverains.pdf Distances qui pourront être réduites en cas de signature d’une charte départementale prévoyant le recours à du matériel de pulvérisation dit sans dérive. Par exemple en matière de culture viticole, comme dans le Médoc, si la charte actuellement envisagée par les autorités administratives girondines et les professionnels agricoles voit le jour, ce ne seront alors plus que 3m sur la base du nouvel arrêté qui sépareront les habitations des pulvérisations de pesticides. 

Pourtant les associations comme le Collectif Info Médoc Pesticides, Alerte Aux Toxiques, Alerte Pesticides Haute Gironde, ont plaidé la cause de la société civile et depuis longtemps. 200m sans aucun pesticide de synthèse c’est-à-dire avec application exclusive de produits homologués pour l’agriculture biologique, installation de manchons à air, information des habitants systématique et relayée par les mairies, amélioration et renforcement du dispositif de protection des écoles, crèches et autres lieux accueillant des personnes vulnérables…Font partie de nos revendications, jusqu’à présent pas entendues par nos interlocuteurs des pouvoirs publics comme des institutions viticoles. Voir notre communiqué de presse datant du mois de septembre ici :  https://documentcloud.adobe.com/link/track?uri=urn%3Aaaid%3Ascds%3AUS%3A376f6bca-5f4b-4560-937e-c160828e4ec3  

Concrètement, charte ou pas charte une seule et même réalité : la prochaine saison de traitement sera pour les habitants similaire à toutes les précédentes. Voire pire. Pire peut-être oui, parce que les comportements les plus dangereux, irrespectueux, risquent de voir dans ce nouvel arrêté ou dans la signature de ces chartes minimalistes, une validation de leur refus de partager le territoire avec leurs concitoyens. 

D’autant plus que ces projets de chartes sont discutés à huis clos, entre acteurs du modèle agricole chimiquement intensif et les autorités administratives locales. Pour le département de la Gironde, il a fallu toute la cohésion et la détermination des associations anti pesticides et du collectif qui les soutient, pour imposer leur présence et donc celle à travers elles, des populations exposées aux pesticides de synthèse. Après notre manifestation devant la Chambre d’Agriculture de la Gironde le matin même de la réunion du 12 décembre (voir photos ci-dessous) une tentative de division de notre collectif fut lancée, sans succès puisque les deux associations invitées à porter la parole de tous, ont refusé de participer le 16 décembre. Une autre réunion est prévue le 08 janvier à Bdx, cette fois vraisemblablement  en présence de nos associations. 

Ce comportement à notre égard nous démontre une volonté d’édicter leurs propres règles et d’y faire s’y plier leurs concitoyens. Pourtant face à la défiance qui s’est installée entre le monde agricole et la population, pas besoin d’être docteur en psychologie pour comprendre qu’ils creusent encore plus l’écart, en agissant ainsi. 

La Fnsea croit avoir trouvé son salut dans sa castanerisation de l’agriculture. Un p’tit tour en Bretagne avec le ministre de l’intérieur et voilà la milice agricole qui prend vie sous forme d’observatoires de l’agribashing. Agribashing, la dernière invention de la Fnsea pour se victimiser à la place des véritables victimes de son modèle agricole. Toute atteinte verbale ou autre au monde agricole serait répréhensible. S’il n’est pas question de cautionner les actes criminels quels qu’ils soient, cet agribashing nous semble représenter une dérive vers la judiciarisation de toute critique  de ce modèle de production, y compris de l’utilisation des pesticides de synthèse, de l’exposition et de la contamination des travailleurs, comme des habitants, des enfants…

Pour preuve le communiqué de presse qui émane de la préfecture de la Gironde et qui annonce la création de cet observatoire :

                                            Bordeaux, le 20 décembre 2019

Communiqué de Presse 

Mise en place de l’observatoire de l’agribashing en Gironde

Fabienne BUCCIO, préfète de la Gironde, a installé jeudi 19 décembre 2019, l’observatoire départemental de l’agribashing qui réunit les services de l’État (police, gendarmerie, DDTM, DDPP), la chambre d’agriculture, les syndicats agricoles et professionnels avec l’objectif de disposer d’un état des lieux exhaustif des problématiques de sécurité rencontrées par les agriculteurs et d’élaborer des solutions communes, efficaces et concertées.

 En Gironde, comme partout en France, la stigmatisation des activités agricoles, d’élevage et de vente de produits issus de ce secteur communément appelée « agribashing », conduit à une multiplication des actes d’incivilité, d’intimidation voire de violence envers les professionnels en lien avec l’agriculture, notamment sous l’action de groupuscules parfois radicaux et violents.

 On constate ces dernières années une augmentation des actions à but idéologique ou visant à nuire à l’image du monde agricole comme la réalisation et diffusion en novembre dernier de vidéos tournées sans autorisation au sein d’un élevage porcins de Saint-Symphorien par une association de défense de la cause animale afin de dénoncer la castration (conforme au cadre réglementaire) des porcelets, ou encore, les actions des associations animalistes qui ont visé l’abattoir de Bazas quelques mois auparavant.

 Dans le bordelais, l’agribashing est également perçu comme une conséquence du « Bordeaux bashing ». La dénonciation des produits autorisés en agriculture et en particulier en viticulture par un certain nombre de collectivités ou d’associations, est considérée par beaucoup comme le point de départ des difficultés rencontrées par les agriculteurs qui cohabitent avec des zones résidentielles.

 Par ailleurs, les exploitations agricoles sont victimes d’atteintes aux biens ciblés (vols de GPS, de tracteurs …). Sur les 10 premiers mois de l’année, 279 faits d’atteintes aux biens commis au préjudice des exploitations agricoles ont été recensées par le groupement de gendarmerie de la Gironde, ce qui représente 1,41 % de la délinquance d’appropriation. 137 de ces faits sont des vols commis sur les exploitations (vols de petits matériels, de métaux, de carburants, de produits phytosanitaires voire de récoltes).

 L’observatoire de l’agribashing veillera en priorité à détecter les menaces, évaluer leur intensité et leur évolution potentielle. Un dialogue constant avec les syndicats agricoles et professionnels, la veille des réseaux sociaux et le suivi de groupuscules radicaux, lorsqu’il y en a, permettront de mieux anticiper les menaces.

 En vue de prévenir et de neutraliser toute menace, il agira sur 3 volets :

  • la prévention avec des patrouilles renforcées, l’engagement des référents sûreté, etc ;
  • l’information via les réseaux sociaux et les médias locaux ;
  • l’action judiciaire (recoupement, utilisation de moyens de captation, aide au dépôt de plainte,etc) en lien avec le parquet.

 Il a été décidé d’une stratégie collective :

  • identification de référents dédiés au sein de la gendarmerie et de la police ;
  • la mise en place d’un réseau « sms » pour transmission aux agriculteurs d’informations utiles ou de prévention ;
  • mobilisation autour d’actions positives qu’elles soient pédagogiques au sein de l’éducation nationale ou auprès du grand public pour valoriser les produits locaux (circuit court, journées « portes ouvertes ».

 Pour lutter contre le phénomène d’agribashing, les forces de l’ordre s’appuieront sur la cellule nationale de renseignement et de rapprochement judiciaires (DEMETER) créée au mois d’octobre par la gendarmerie nationale.

 « La dénonciation des produits autorisés en agriculture et en particulier en viticulture par un certain nombre de collectivités ou d’associations, est considérée par beaucoup comme le point de départ des difficultés rencontrées par les agriculteurs qui cohabitent avec des zones résidentielles. »  Nos associations sont expressément visées. 

Pour autant, s’il ne changent rien, nous ne changerons rien. Nos alertes sont confortées par des dizaines d’études scientifiques mais surtout malheureusement par les faits, par vos témoignages qui font état d’une augmentation des pathologies chroniques. La chute vertigineuse de la biodiversité, la pollution générale de l’atmosphère, y compris en des lieux éloignés des zones agricoles, sont désormais réalité.

Si nos adversaires préfèrent s’autoprotéger par la prise de mesures visant à nous criminaliser, plutôt que d’unir leurs moyens et leurs forces pour sauver ce qui peut l’être, c’est triste mais nous ne nous y attarderons pas. 

Porté par votre soutien et par l’enjeu plus que dans la crainte d’une judiciarisation de ses actions, voire publications, le Collectif Info Médoc Pesticides vous assure de sa toujours plus grande détermination à obtenir l’interdiction définitive des pesticides de synthèse. 

 

A très vite, 

Marie-Lys Bibeyran, pour le Collectif Info Médoc Pesticides.

 

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Com de presse : Position asso sur chartes départementales et débat sur distances.

Communiqué de presse publié ce lundi matin par les associations et collectifs girondins, pour repositionner le débat sur la problématique de la nature des produits et exprimer nos attentes quant aux chartes départementales.

Communiqué de presse : position des associations sur les chartes départementales
concernant l’exposition aux pesticides.

Les associations soussignées réclament depuis plusieurs années au Préfet de la Gironde d’améliorer
les dispositifs de protection des résidents prévus dans l’arrêté préfectoral de Gironde datant de 2016, en
particulier une zone de traitement aménagée de 200 m autour des établissements sensibles et
plus généralement de toutes les habitations où les produits les plus dangereux (cancérigènes,
mutagènes, reprotoxiques, perturbateurs endocriniens, SDHi) soient interdits. Dans cette zone,
l’exploitation agricole resterait possible comme le montrent les vignobles de Rauzan ou Tutiac
qui se sont déjà engagés dans l’abandon des CMR.

Nous ne demandons pas une zone de non traitement (ZNT) autour des habitations,
inenvisageable dans un territoire à l’habitat dispersé, et nous refusons de rentrer dans un débat
cantonné à marchander quelques mètres de distance. De même, les mesures instaurant des haies ne
permettent pas d’éviter la diffusion des micro-brouillards de pesticides, ni la volatilisation postapplication
ou le transport par les poussières (voir les mesures de pesticides dans l’air au centre de
Bordeaux réalisées par ATMO N.A. en 2017 et 2018).

Les chartes départementales doivent définir des mesures précises dont l’application puisse être
contrôlée :

- Autour des 160 établissements sensibles très proches des exploitations agricoles (répertoriés
dans 128 communes girondines par la DRAAF suite à l’affaire de Villeneuve de Blaye) le mode de
culture doit être celui de l’agriculture biologique, le seul donnant lieu à une certification. Des
dispositions d’urgence doivent être prises par les pouvoirs publics pour accompagner financièrement
cette transition d’ici 3 ans.

- L’arrêté interministériel de 2017 actuellement suspendu interdit les épandages lorsque la vitesse
du vent est supérieure à 3 Beaufort mais aucun dispositif de contrôle de cette mesure n’existe. Nous
demandons l’installation d’une manche à air dans toutes les communes concernées.

- De nombreux pesticides utilisés en agriculture conventionnelle imposent un délai de rentrée dans
les rangs de 48h. Les résidents comme les promeneurs occasionnels doivent être prévenus. Un
disposition de fanions aux angles de la parcelle traitée doit alerter du danger et signaler le nom et les
caractéristiques du produit épandu.

- Certaines propriétés viticoles de Gironde préviennent déjà par SMS leurs riverains des horaires de
traitement. Ce dispositif doit être généralisé, avec l’appui logistique des mairies.

- Enfin les mesures préfectorales d’interdiction de traitement dans les tranches horaires de
fonctionnement des écoles et établissements sensibles doivent être reconduites et améliorées.

Alerte Pesticides Haute Gironde, Henri Plandé & Sylvie Nony 
Alerte aux Toxiques, Valérie Murat 
Collectif Infos Médoc Pesticides, Marie-Lys Bibeyran 
Générations Futures Bordeaux, Cyril Giraud 
Collectif Alerte Pesticides de Leognan, Emeric Roux 
FCPE 33, Stéphanie Anfray 

Résultats de la Campagne glyphosate dans le Médoc : Tous contaminés !

Partie d’un groupe de faucheurs volontaires d’Ariège en avril 2018, la Campagne Glyphosate faisait escale dans le Médoc en juin dernier. Ce sont alors 44 volontaires qui se sont soumis à ces analyses d’urine, pour y faire détecter et doser leur taux de glyphosate*, moyennant paiement de la somme de 85€ pour l’analyse seule ou 135€ si dépôt de plainte. Herbicide de synthèse, pesticide le plus utilisé en France et dans le Monde, reconnu Cancérigène pour l’Homme par le Comité International de Recherche sur le Cancer en 2015,  avant d’être blanchi de tout soupçon par l’EFSA s’appuyant sur les Monsanto Papers*, le glyphosate est devenu le symbole de la lutte anti pesticides. Si en France, la Campagne Glyphosate bat le pavé de départements en départements, avec à ce jour plus de 1505 plaintes déposée au Pôle de Santé Publique du Parquet de Paris, aux Etats Unis ce sont plus de 18 000 plaintes* qui attendent Bayer-Monsanto. 

Des résultats unanimes. Dans le Médoc comme partout ailleurs, tous les participants ont du glyphosate dans leurs urines et donc dans leur organisme. Qu’ils soient à proximité immédiate ou plus éloignés de champs ou de vignes, qu’ils consomment Bio ou pas, qu’ils soient jeunes y compris très jeunes ou âgés, urbains ou ruraux, tous sont contaminés ! A des taux plus ou moins élevés, sur 5300 analyses réalisées pour la France, la moyenne nationale est de 1.2 ng/ml, avec 3 personnes sous le seuil de détection qui est de 0.075 ng/ml  et un maximum détecté de  7 ng/ml !  Quand dans le même temps, le taux de glyphosate dans l’eau du robinet ne doit pas dépasser 0.1 ng/ml selon un arrêté du 11 janvier 2007* relatif aux limites et références de qualité des eaux destinées à la consommation humaine.

Les participants à la séance de prélèvement du mois de juin en la salle des fêtes de Cussac, ont un taux qui va de 0.24 ng/ml à  3.17 ng/ml, avec une moyenne de 0.9 ng/ml. Difficile d’expliquer précisément toutes ces données, qui  reflètent l’exposition des jours précédents le prélèvement. Ce qui est indéniable et inquiétant c’est la contamination générale. 

Les plus jeunes, particulièrement touchés. Sur le territoire médocain comme dans d’autres localités dont par exemple Belle Ile en Mer*, ce sont les enfants qui ont les taux plus élevés. 2.23mg/l pour Simon à Belle Ile, 3.17mg/l pour Nathan à Cussac, dans le même temps leur parent ayant participé au test présente un taux plus faible. « Les raisons ne sont pas très clairesbien que la masse corporelle plus faible des enfants et leur proximité plus importante avec le sol, et donc un contact plus étroit avec la terre, et la végétation, qui a pu être traitée, puissent contribuer » à cette différence explique Emanuela Taioli, directrice de l’Institut d’épidémiologie translationnelle de l’Icahn School of Medicine at Mount Sinai (New York), coauteure d’une récente synthèse des données disponibles sur le sujet, publiée dans la revue Environmental HealthD’autant plus source d’inquiétude que les enfants sont plus vulnérables aux effets des pesticides, du fait de leur organisme en formation. 

S’il est possible et moins cher de ne participer qu’à l’analyse sans aller jusqu’au dépôt de plainte, la majorité des volontaires franchissent ce cap supplémentaire. Ils signent alors une plainte dont la teneur est identique, mis à part le taux détecté – la démarche n’en reste pas moins individuelle, l’action collective pour question de santé n’existant pas en France – pour « mise en danger de la vie d’autrui, tromperie et atteintes à l’environnement » qui sera déposée au greffe du Tribunal de Grande Instance dont ils dépendent géographiquement et envoyée au Pôle de Santé Publique du Parquet de Paris. Sont ici visés les fabricants et tous les acteurs de l’Autorisation de Mise sur le Marché. 

Pour celles ceux n’ayant pas eu l’opportunité de participer, d’autres séances de prélèvements sont prévues en Gironde, notamment à Libourne, Langon, la Teste de Buch, Le Haillan.

Prendre contact à l’adresse mail suivante : Campagne.glyphosate33@orange.fr

Marie-Lys Bibeyran, pour le Collectif Info Médoc Pesticides.

 

 

http://infomedocpesticides.fr/2019/03/22/note-docteur-paul-bousquet-sur-glyphosate/ 

   http://infomedocpesticides.fr/2019/03/22/etude-sur-lien-entre-glyphosate-et-lymphome-non-hodgkinien/

   http://infomedocpesticides.fr/2019/03/20/glyphosate-etat-des-lieux-dun-crime-organise/

https://www.lemonde.fr/planete/article/2019/01/15/glyphosate-l-expertise-de-l-ue-minee-par-le-plagiat_5409233_3244.html

https://www.marianne.net/monde/bayer-plaintes-etats-unis-herbicide-glyphosate-roundup-monsanto

*  https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000465574

*  https://www.lemonde.fr/planete/article/2019/08/28/les-enfants-plus-exposes-que-les-adultes-au-glyphosate-d-apres-les-analyses-d-urines_5503746_3244.html

 

Pour le Collectif Info Médoc Pesticides, la seule alternative possible c’est l’interdiction des pesticides de synthèse.

Les pesticides et le remous politique qu’ils provoquent occupent le premier rang de l’actualité estivale. Si l’on pourrait s’en réjouir, parler n’a jamais été agir et encore moins interdire.

Le Collectif Info Médoc Pesticides soutient les nombreuses municipalités qui prennent des arrêtés interdisant les pesticides issus de la chimie de synthèse, de Langouët à Parempuyre en passant par Saint Eloi de Fourques, c’est une trentaine de maires qui via ces arrêtés se substituent à l’inertie nationale, voir ici : https://nousvoulonsdescoquelicots.org/2019/08/30/ces-maires-qui-combattent-les-pesticides/

Cependant, un arrêté n’est pas l’autre. Si celui de Daniel Cueff, maire de Langouët interdit toute application de pesticides issus de la chimie de synthèse classés, à moins de 150m de toute parcelle cadastrale abritant habitation ou bâtiment professionnel, il autorise donc sur cette même surface les pesticides non classés ou les produits homologués pour l’agriculture biologique. Tandis que celui de Mme Béatrice de François, maire de Parempuyre interdit l’application de tout pesticide issu de la chimie de synthèse et tout produit homologué pour la viticulture biologique, n’autorisant que les préparations naturelles peu préoccupantes, substances de base ou naturelles à usage biostimulant. Si le Collectif Info Médoc Pesticides soutient ces dispositifs, il tient à attirer l’attention sur la nécessité de barrer la route à une agriculture humainement et économiquement mortifère tout en encourageant, donc sans entraver, la pratique de l’agriculture biologique, première alternative à l’utilisation de pesticides de synthèse. 

Est du même ordre le débat entre Zones Non Traitées (ZNT) et Zones de Traitement Aménagé (ZTA). Tandis que les premières interdisent toute application de pesticides et de produits homologués pour l’agriculture biologique, les secondes au contraire, restreignent l’application de produits à ceux de l’agriculture bio ou biodynamique. L’objectif des associations et collectifs de lutte contre les pesticides de synthèse n’ayant jamais été de condamner toute activité agricole, ce sont bien évidemment les ZTA qui sont défendues par le Collectif Info Médoc Pesticides, comme nous l’indiquions déjà en 2016 : http://infomedocpesticides.fr/2016/10/29/position-du-collectif-info-medoc-pesticides-sur-les-zones-non-traitees-znt/

La FNSEA n’a pas tardé à réagir ! Déterminée à couper la route à ces maires qui prennent leurs responsabilités de garants de la sécurité et de la santé de leurs administrés et décidée à dicter ses propres directives pour l’écriture des chartes départementales, prévues par la loi EGALIM, et la réécriture de l’arrêté du 04 mai 2017 annulé par le Conseil d’Etat. 

Tout en gardant bien à l’esprit que l’objectif final est l’interdiction des pesticides, donc ces Zones de Traitement Aménagés  ne doivent constituer qu’une étape vers une agriculture exempte de pesticides de synthèse, surtout pas une fin en soi. Le seul vrai débat qui doit avoir lieu et que réclament les organisations militantes depuis le début de leurs engagements anti pesticides, c’est celui sur la nature des produits. Une haie, un filet anti pesticides, des horaires soit disant adaptées, des distances de « sécurité » plus ou moins conséquentes, ne font que légitimer l’utilisation de pesticides de synthèse classés ou pas, sous prétexte que des mesures de précaution seraient prises…Mais quid de la pollution des sols, de l’eau, de l’air ?!

Autant dire que c’est une rentrée très chargée qui nous attend, une rentrée au cours de laquelle nous aurons besoin de chacun d’entre vous, de réactivité et de vigilance. 

Marie-Lys Bibeyran.

 

 

Mr le Maire de Langouët convoqué au tribunal pour son arrêté anti pesticides : le CIMP lui exprime son soutien.

Logo CIMP 

 Collectif Info Médoc Pesticides

12 place du Maréchal Juin

33480 Listrac-Médoc,

 

Monsieur Daniel Cueff,  

Maire de Langouët,

19, RUE DES CHÊNES,

35630 Langouët

ACCUEIL-MAIRIE@LANGOUET.FR

  

 

Fait à Listrac-Médoc le 06 juillet 19,

 

 

Monsieur Le Maire,

 

Le Collectif Info Médoc Pesticides que j’ai l’honneur de représenter, vous adresse ce jour son plus fervent soutien, et au-delà son admiration pour votre courage, face à l’urgence climatique et écologique actuelle.

Vous avez le 18 mai dernier pris un arrêté interdisant les pesticides à moins de 150 m des bâtiments à usage professionnel et d’habitation, sachant que cela allait provoquer l’ire des autorités préfectorales et le déclenchement d’une procédure, là où vos collègues choisissent la résignation et oublient leurs responsabilités face à leurs concitoyens, vous avez choisi de vous élever.

 

Cela fait plus de 8 ans que je lutte contre le désastre sanitaire des pesticides et le déni qui l’entoure. Mon frère Denis Bibeyran, était vigneron et a été empoisonné par les pesticides et tous ceux qui savaient et ont laissé faire. En février 2016, j’ai cofondé le Collectif Info Médoc Pesticides avec deux amies, aujourd’hui nous représentons 280 adhérents sur toute la France. Habitants, parents, enfants, professionnels, consommateurs, nous sommes tous concernés parce que tous exposés et contaminés.

Sur notre territoire qu’est le Médoc, vitrine des vins de Bordeaux qui n’ont plus rien de prestigieux depuis bien longtemps, nous aimerions que les édiles suivent votre chemin mais ils sont pour la plupart viticulteurs et pas en bio bien sûr. Ici, les riverains les plus proches et les plus chanceux, doivent se contenter d’une information minimaliste quelques heures voire quelques minutes, avant le prochain passage du tracteur pulvérisateur, comme toute mesure de protection. Parades dérisoires aux abords des écoles, haies, filets dits anti pesticides, horaires de traitements soi-disant adaptées, et rien pour les travailleurs dans les vignes.

Sur le terrain de la lutte, malgré notre omniprésence il est difficile d’obtenir plus, tant la puissance viticole a infiltré toutes les arcanes du pouvoir local comme départemental et régional. C’est pourquoi votre arrêté, acte de résistance locale face au déni et à la toute-puissance du lobby agricole et agrochimique est si important et porteur d’espoir. Espérons qu’il fera des émules, allé rêvons un peu et espérons qu’il arrivera jusque dans nos terres girondines.

Puissent ces petites pierres semées sur nos chemins, faire de nos luttes disséminées sur tout le territoire, une belle victoire collective.

 

Avec tout notre soutien,

Marie-Lys Bibeyran, pour le Collectif Info Médoc Pesticides.

 

 

 

 

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